22% des hommes admettent avoir déjà agressé sexuellement une femme


Sensuelle Estelle 12 janvier 2020

Les jeunes hommes sont plus nombreux à admettre avoir agressé sexuellement une femme, contrairement aux anciens, d’après un sondage de l’Ifop. Pourquoi ?

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Les hommes ont-ils eu une prise de conscience sur la représentation de la masculinité ? Les rapports entre hommes et femmes ont-ils changé ?

Ce sont les questions auquel un , commandé par Elle, a tenté de répondre deux ans après l’éclatement de l’affaire Weinstein, suivi du mouvement #MeToo. Environ 1000 hommes de plus de 18 ans ont été interrogés sur les injonctions à la masculinité ou leur rapport à la drague.
Et également, l’aveu de certains hommes vis-à-vis de leur comportement déplacé envers les femmes.

Reconnaître avoir commis une forme d’agression sexuelle : une question d’âge ? 

Les moins de 65 ans déclarent majoritairement avoir déjà agressé une femme. En particulier, les hommes âgés de 18 à 24 ans : 35% d’entre eux ont embrassé, caressé les parties intimes d’une femme et 33% ont effectué une pratique sexuelle avec une femme, alors qu’elles ne le souhaitaient pas vraiment. Concernant les femmes qui l’ont clairement indiqué, les proportions restent proches : par exemple, 27% des hommes ont caressé les parties intimes d’une femme qui clairement ne le souhaitait pas.

En revanche, après la barre des 65 ans, les hommes sont moins nombreux à admettre avoir embrassé (11%), caressé les parties intimes (8%) et effectué une pratique sexuelle (10%), alors que les femmes ne le désiraient pas en réalité.

Le porno impacte la notion de consentement

Un tel décalage générationnel, François Kraus l’explique par un premier phénomène : « celui d’une sexualité plus trash » pour la jeune génération « biberonnée au porno, qui n’a pas forcément encore fait l’apprentissage du consentement ».

Et certains chiffres le démontrent : un jeune de 18-24 ans sur quatre pense (encore) que lorsqu’une femme dit non pour une relation sexuelle, cela signifie oui. L’absence claire et distincte du consentement, que ce soit dans le porno ou les films, conduit davantage les jeunes hommes à ne pas le vérifier « systématiquement » : avant de s’engager dans un rapport sexuel pour 40% et dans une pratique sexuelle pour 30% des moins de 30 ans.

Une question du consentement sexuel qui ne se posait pas avant

François Kraus apporte également une autre explication : celle « d’un examen de conscience plus poussé et d’une sensibilisation plus grande à ces questions de consentement » chez les jeunes hommes.

Il y a encore 60 ans, une femme pouvait être considérée comme un bien qui appartenait à un homme (soit le père ou le mari). Parler de son consentement, notamment sexuel, n’était pas du tout dans l’air du temps.

La notion de consentement apparaît vers les années 1980 après maintes revendications de la part des féministes. Mais il rest tabou et absent du programme éducatif (les cours d’éducation sexuelle n’existaient pas). Et aujourd’hui encore, les cours d’éducation sexuelle se résument parfois « à retarder, voire à dissuader les relations sexuelles », rapporte l’historien Régis Revenin dans . Et non pas à créer des relations plus conscientes et épanouissantes entre les hommes et les femmes.

(Photo à la une : Getty Images)

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