Planning familial : une campagne de prévention dédiée aux lesbiennes


Clarisse Luiz 12 avril 2019

« La santé affective et sexuelle, c’est pas qu’un truc d’hétéro ! ». La nouvelle campagne de prévention du Planning Familial et de SOS Homophobie veut faire passer le message.

Le planning familial en partenariat avec SOS Homophobie veut combattre l’idée que la santé affective et sexuelle ce n’est « quun truc d’hétéro » et lutter contre l’invisibilisation des lesbiennes dans les campagnes de prévention. L’association a alors lancé une campagne à l’attention des lesbiennes et FSF (femme ayant des rapports sexuels avec des femmes).

Jusqu’à présent les campagnes de prévention se concentraient largement sur les relations hétérosexuelles et gays. Ça entretient le mythe selon lequel les lesbiennes ne sont pas concernées à tel point que ça crée une sorte de sentiment d’impunité au sein de leur communauté. Pourtant, en 2008 l’enquête “Contexte de la sexualité en France” avait révélé que quatre fois plus de femmes lesbiennes (12 %) avaient contracté une IST que de femmes hétérosexuelles.

Marine Vacher, conseillère conjugale et familiale au Planning Familial a expliqué au  l’objectif de la campagne : « Nous voulons casser la vision trop hétéro centrée des rapports intimes et remédier à l’invisibilité de ces femmes dans les campagnes de prévention ».

Au-delà du message de prévention, la campagne veut également inviter les femmes lesbiennes ou FSF à effectuer des visites gynécologiques régulières. Elles ont tendance à moins consulter et à mettre leur santé en danger. Selon Marine Vacher, si les femmes lesbiennes vont moins chez le gynéco c’est parce qu’elles y sont globalement moins bien accueillies : « Elles se retrouvent face à des gens qui présupposent qu’elles sont hétéros et sont là pour demander un contraceptif. Cela leur demande à chaque fois l’effort de faire leur coming-out face à quelqu’un qui ne s’y attend pas forcément ». 

La campagne veut rappeler que la consultation gynécologique est un passage obligé pour les femmes pour la détection des IST et la prévention de cancers féminins. Il est recommandé tous les 18 mois par exemple, de prendre rendez vous pour un frottis, le meilleur moyen de dépister le cancer du col de l’utérus.

Une autre thématique forte de la campagne est  la violence conjugale entre femmes bien souvent passée sous silence. Les associations de lutte contre ces violences sont surtout destinées aux femmes hétéros, victimes majoritairement d’hommes violents et proposent peu de dispositifs pour lutter contre les violences physiques ou psychologiques au sein d’un couple de femmes. « Penser les femmes capables de violence est contraire au stéréotype de genre qui veut que les femmes soient naturellement douces », explique le Planning familial. La campagne vise donc à sensibiliser sur cette question et à « libérer la parole ».

Dernier élément de la campagne : la lesbophobie.

Pour Marine Vacher il est important le Planning familial et SOS Homophobie « soient identifiés comme des lieux de ressources pour les lesbiennes ».

Pour l’instant cette campagne dédiée aux lesbiennes n’est diffusée qu’en Isère, on attend impatiemment une prise de conscience de ces sujets sur tout le territoire !

(Photo à la une : Planning Familial de l’Isère)

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