Faut-il prévenir ses parents lorsqu’un enfant regarde du porno ?


Frédérique Hédon 22 août 2019

Je vais être cash, j’ai surpris ma petite sœur de 12 ans (j’en ai 18) devant un film porno sur son ordinateur. Elle m’a avouée que ce n’était pas la première fois qu’elle regardait ce type de film… Je ne suis pas particulièrement prude, mais je trouve que c’est beaucoup trop jeune pour commencer. Comment gérer cela ? Dois-je prévenir nos parents, sachant que de mon côté j’en regarde également depuis l’an dernier 

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> La réponse de notre sexothérapeute, Frédérique Hédon

Il est évident que l’informatique, et plus particulièrement Internet, ont permis à des ados de plus en plus jeunes de bénéficier de la possibilité d’accéder facilement et discrètement à des contenus pornos. Il est vrai, et vous avez parfaitement raison de vous poser la question, que votre sœur est bien jeune pour ce genre de films, mais en même temps elle n’est plus tout à fait une enfant et lui interdire en passant par vos parents ne me paraît pas la meilleure méthode. Vous pourriez sans doute aborder le sujet avec votre mère si vous pensez que cela peut aider au dialogue entre mère et fille. À mon sens, il me semble que c’est vous qui êtes la mieux placée pour en parler avec elle, d’une part parce que vous l’avez surprise en train de le faire, et parce qu’en étant âgée seulement de quelques années de plus il lui sera plus facile de vous écouter. Le principal défaut des films de ce genre, c’est encore une fois de montrer une vision très passive et réductrice du rôle féminin dans le domaine du sexe. Et cela, il faudra penser à lui dire, par votre biais ou par celui de votre mère.

(Image à la une : Getty Images)

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À propos de l’auteur
Frédérique Hédon

Frédérique Hédon

En tant que médecin généraliste, Frédérique Hédon a rapidement compris l’importance de la santé sexuelle sur l’équilibre des individus et des couples. C’est ce qui l’a amenée à devenir médecin sexologue et andrologue, tout en se formant à la pratique de la psychothérapie individuelle et conjugale, aux thérapies comportementales, à l’hypnose et à la relaxation. Consultante dans le service de Médecine Interne, elle a créé l’une des toutes premières consultations hospitalières de sexologie à l’hôpital Henri Mondor. En tant que présidente du SNMS (syndicat national des médecins sexologues), elle a activement participé à la reconnaissance de la pratique médicale de la sexologie en France. Membre de la SFSC (société française de sexologie clinique), de l’AIUS (association inter universitaire de sexologie), de l’EFS (Fédération européenne de sexologie) et de l’ISSIR (Société internationale de médecine sexuelle et impuissance), elle a participé à de multiples projets de recherche et d’enseignement en France et aux États-Unis, dont les essais cliniques pour les médicaments destinés à soigner les troubles de l’érection. Auteur de Chagrins d’amour (Larousse, 2008) et de La sexualité féminine (Flammarion, 1999), Frédérique Hédon a également écrit de nombreux articles pour la presse médicale pour la presse grand public (Voici, Top Santé, Marie-Claire...) Elle conseille les lecteurs du magazine cmsforever.ru depuis plus de dix ans.

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