Le sexe du futur


Flore Cherry 18 février 2016

Virtuel, en 3D, seul, à distance, en réalité augmentée, avec des robots ou des poupées… Faire l’amour dans le futur sex’périmente dès aujourd’hui. Techniciens, scientifiques ou sexologues travaillent déjà d’arrache-pied à notre plaisir de demain. A priori, tout sera possible, même le pire. Et l’amour dans tout ça ?

Sexe du futur - dossier sexo

Amateurs(trices) de la bonne vieille levrette claquée, ne zappez pas. Le sexe du futur a certes de quoi surprendre, mais tout n’est pas forcément à jeter. Au pire, il offre une alternative technologique aux générations futures… Comme l’enfer, l’avenir est souvent pavé de bonnes intentions ! À nous de voir s’il est engageant. Car en matière de sexe, demain se conjugue au présent. Et ils sont nombreux à vouloir prendre soin de notre libido. Les orgasmes high-tech arrivent du monde entier. À commencer par la France et les chercheurs de French Coqs (coq/cock – pénis en anglais –, appréciez le jeu de mots) qui proposent aux internautes de personnaliser leur pénis : une bite sur mesure ou la bite de ses rêves. Il suffit de photographier son sexe, ou celui de ses rêves (s’ils ne sont pas identiques), selon trois angles différents. L’internaute reçoit ensuite son sexe imprimé en 3D. Un service judicieusement baptisé « photocopine ». La trois-dimensions fait partie intégrante de cette révolution. Les Américains proposent déjà d’imprimer chez soi, tranquillement, ses sextoys en 3D (MakerLove). Cela permet notamment à l’internaute de créer ses propres jouets. Pour la petite histoire, les sextoys proposés sur ce site peuvent prendre la forme de Justin Bieber ou de Hello Kitty. Chacun ses fantasmes.

La cyberbaise ou le tout-connecté

Autre objet d’aujourd’hui qui préfigure le sexe de demain, ce TwerkingButt. Un fessier rebondi au toucher hyperréaliste qui twerke en cadence et que l’on peut coupler avec un casque de réalité virtuelle. On s’y croirait… Et c’est bien là tout l’enjeu. Le connecté (ou tout autre objet technologique) doit figurer l’acte au plus proche de la réalité, afin que l’on puisse faire l’amour… tout seul. Souvenez-vous de Zeus et Hera, lancés en 2013, ces sextoys (LovePalz) qui réunissaient les amoureux éloignés grâce à une application mobile, ou chacun recevait et ressentait les mouvements de son partenaire par sextoys interposés. Appli, encore avec Smartlove, qui permet de faire l’amour à distance (en wifi). Le bluetooth n’est pas en reste, puisque les femmes peuvent déjà commander leurs vibromasseurs à distance (OhMiBod). Ce qui n’était, hier encore, que de la science-fiction est devenu réalité.

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Le sexe virtuel en lieu et place du réel

La connectique invite logiquement au virtuel. Une réalité déjà très présente dans des applications professionnelles ou culturelles : exploration de chantier, visite de musée, etc. Aucune raison pour que la sexualité échappe au phénomène. Témoin le casque Oculus Rift (merci Sandra Bullock) présenté par Brian Shuster, patron de Red Light Center, un réseau social virtuel pour adultes, cousin de Second Life, qui déclarait lors d’une démonstration aux États-Unis (et reprise par leMonde.fr) : « Le futur du porno est aussi le futur du sexe en général… Rapport oral, anal ou simple massage, les teledildonics de deuxième et troisième générations permettront d’avoir des expériences sexuelles complètes. »

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Si les Américains sont encore perplexes, les Japonais, toujours à la pointe dans le domaine, se déclarent déjà pour. cmsforever.ru a déjà détaillé les difficultés que rencontrent les jeunes Nippons à entretenir des rapports sexuels classiques, c’est tout naturellement qu’ils explorent avec bienveillance ce type de relations qu’ils trouvent pratiques, moins coûteuses, sans risque d’IST et qui ont l’énorme avantage de répondre à la pénurie de partenaire. Car les porteurs de casque ne sont plus de simples spectateurs, ils deviennent acteurs du film. Ils sont au cœur du film X. Un créneau qui attire les professionnels et qui promet de larges évolutions dans ce sens. La société productrice de films érotiques SugarDVD développe déjà un jeu compatible avec le casque de réalité virtuelle Oculus Rift. Les participants peuvent personnaliser leur partenaire et créer leur propre scénario sexuel. Dans la même veine Ashley Madison, patronne du site de rencontres extraconjugales LiveJasmin, vient de lever 200 millions de dollars pour développer son offre autour de la réalité virtuelle.

Par ici poupée !

Le sexe du futur, et ses investissements colossaux, va également prendre des formes plus humaines. C’est même l’objet de ces poupées qui n’ont plus rien à voir avec les premières poupées gonflables des années 1970. Cette fois, il n’est plus question d’êtres virtuels, mais au contraire hyperréalistes. Les modèles (hommes et femmes) proposés par Sinthetics sur son site (sinthetics.com) sont, à cet égard, particulièrement troublants, y compris au niveau du toucher. Pas encore à deux, mais plus vraiment tout seul. Certains fabricants proposent même des poupées plus vraies que nature, avec un moteur au niveau du bassin pour simuler les mouvements ou/et pour doter de la parole. Côté orifice, le choix est large (oral, vaginal, anal), seul les prix varient. Attention il est tout de même question de variation entre 5 000 et 6 000 dollars. Là encore, et pour les mêmes raisons qu’évoquées plus haut, les Japonais sont encore les premiers intéressés par ce marché.

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Sex-robot

De la poupée qui bouge et qui parle au robot pur et dur, il n’y a finalement qu’un petit pas. Et il se franchit rapidement. Une psychologue anglaise, Helen Driscoll, prédit même que la pratique sexuelle avec des robots sera monnaie courante avant la fin du siècle. Pour elle, le mélange réalité virtuelle et robotique n’est plus du domaine de la science-fiction. Certains se sont déjà habitués aux relations sexuelles avec une poupée, lorsque les industriels souhaiteront mécaniser l’amour, les habitudes de consommation seront suffisamment évoluées pour que cette mayonnaise prenne. Même les Américains (on ne peut pas tout mettre sur le dos des Japonais) se déclarent prêts à 9 % (sondage Huffington Post) à entretenir des relations sexuelles avec des robots. Le cinéma et la télévision nous y habituent eux aussi depuis toujours (de Metropolis à Ex Machina en passant par Real Humans, Simone, Blade Runner ou Her). La revue Futures a même publié un article d’anticipation (Ian Yeoman et Michelle Mars) qui met en scène des robots prostitués à Amsterdam…

Notre avenir sexuel hésiterait ainsi entre virtuel et robotique, mais toujours technologiquement assisté et nécessairement solitaire. Une perspective inquiétante pour notre espèce que les anthropologues, psychologues, sexologues et tout ce qui se termine en « ogue » s’obstinent à décrire comme sociable. L’absence de contact et de relation réelle peut mener à la dépression, voire à la mort… Pour la sexothérapeute Nathalie Giraud-Desforges, toutes les études montrent que le toucher est vital au sens premier du terme : « L’ocytocine, hormone de la confiance, de l’amour et du lien, se développe par ce fameux toucher. » Mais la spécialiste n’est pas inquiète pour autant : « Souvenons-nous de l’arrivée des premiers sextoys, combien criaient au scandale, à l’abandon des relations humaines, etc. ? Au final les couples se les sont appropriés, ils sont utiles pour découvrir sa sexualité et sont très souvent prescrits par les médecins pour réactiver libido et autres zones érogènes. Et que je sache, nous faisons toujours l’amour à deux avec des contacts très humains. »
Ces nouvelles technologies ne seraient donc rien d’autre qu’une alternative à notre sexualité de contact. Puissent les dieux de l’amour entendre cette voix autant que celle de la sagesse…

Et si vous voulez aller encore plus loin n’hésitez pas à lire nos dossiers sur la prostate du futur et The Semenette, un sex-toy pas comme les autres.


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