Les transgenres, une acceptation encore difficile ?


Sensuelle Estelle 12 octobre 2019

Le combat des transgenres ne semblerait pas être encore terminé…

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Peu d’enquêtes permettent de donner une représentation chiffrée de la population trans : , d’après le Parisien.

La transidentité, une place controversée en psychiatrie ?

L’année 1980 marque l’entrée en vigueur de la transidentité (pour la première fois nommé « transexualisme ») dans la liste des troubles mentaux (DSM). Les revendications des militants trans et des associations pleuvent à l’encontre de cette attribution jugée transphobe : « être trans n’est ni une pathologie, ni un choix, ni un drame » clame Vincent, de l’association Trans Inter action, , en mars 2017.

Un an plus tard, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) opère une révision dans le DSM, où la transidentité se voit exclue d’office. Un changement déjà effectué par la France en février 2010 : elle devient le premier pays au monde à sortir le transexualisme de la liste des affections psychiatriques. Et depuis la publication en juin 2018 de la 11ème du CIM (Classification internationale des maladies) : la transidentité est désormais appelé « incongruence de genre », qui se définit comme le sentiment d’appartenir au sexe opposé.

Pourtant, la psychiatrie reste une étape du parcours de soin quant il s’agit de « déterminer » une personne transgenre. L’initiation d’une transition n’implique pas obligatoirement une évaluation psychiatrique. Mais, elle intervient lors d’un second examen, accompagné d’un psychiatre, d’un endocrinologue ou d’un chirurgien, avant les débuts d’une thérapie hormonale. Clémence Zamora Cruz, porte-parole d’Inter-LGBT, souligne que le passage devant une commission peut entraîner une « fragilisation de la personne », alors « obligée de justifier son identité ». Les associations dénoncent aussi cette psychiatrisation de l’incongruence de genre, comme une « première barrière au processus de transition » selon Clémence. « Il est pour moi étrange de parler de psychiatrisation alors que nous travaillons de façon pluridisciplinaire, avec les endocrinologues et les chirurgiens », conteste le psychiatre Dr Sébastien Machefaux.

Le psychologue clinicien trans Tom Reucher estime toutefois qu’il y aurait « beaucoup à faire, notamment pour former les médecins à une meilleure prise en charge des transidentités. »

Les discriminations perdurent envers les transgenres ?

« En 2018, 210 cas de transphobie ont été signalés auprès de SOS homophobie » peut-on lire dans . »Dans presque toutes les situations, les victimes sont rejetées (85 %), et plus de la moitié d’entre elles subissent des discriminations liées à leur identité. » Sans compter les insultes (2 cas sur 5) et les agressions physiques et/ou sexuelles (1 cas sur 10), révèle SOS homophobie.

Si ces discriminations sont majoritairement perpétrés sur Internet (41%), dans un contexte familiale (11%) et/ou dans les lieux publics (10%), elles toucheraient aussi le monde du travail, notamment aux États- Unis.

Le président Donald Trump marquait déjà les esprit en revenant sur une décision prise par Barack Obama : les militaires transgenres auraient interdiction de s’engager dans l’armée, depuis le mardi 22 janvier. L’administration de Trump frappe encore un grand coup ! Désormais, les employeurs auraient le droit de licencier des salariés transgenres. Noel Francisco soutient la position du gouvernement : la loi fédérale de 1964 interdit bien les discriminations « sur la base du sexe », qui « fait référence au fait d’être né homme ou femme, pas à l’orientation sexuelle, ni à l’identité de genre. » Une situation inquiétante : « c’est un enjeu très important: nous parlons de millions et millions de personnes qui vont au travail tous les jours en ayant peur d’être virées » déclare Gerald Bostock, un des plaignants.

Les transgenres, une invisibilité accrue ?

La représentation de la population trans semblerait encore s’affubler d’une transparence, entretenue par une absence dans la culture populaire. Elle persisterait sur les écrans français, bien que des personnages trans font leur apparition, comme Antoine dans Plus Belle La Vie, joué par l’actrice Enola Righi. Malgré tout, ces rôles sont très rarement attribués à des acteurs ou actrices trans.

Si Hollywood (tout comme le cinéma français) peine à le faire, certains producteurs comptent bien changer la donne : Candis Cayne fut la première femme transgenre à obtenir un rôle, dans la série Dirty Sexy Money (diffusée entre 2007 et 2009). Hunter Schafer, principalement mannequin, s’est aussi vu attribuée le rôle de Jules, une femme transgenre, dans la série Euphoria, diffusée en 2019.

Si la présence de la population trans au niveau médiatique prend de l’ampleur, cette minorité pourrait-elle enfin se faire accepter ?

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