Tabou sur la sexualité en prison


Sensuelle Estelle 13 août 2019

Si les ministères de la santé et de la justice annoncent la prise de mesures qui viseraient à améliorer les soins médicaux en prison, la sexualité ne sembleraient pas être prise en compte

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La sexualité en milieu carcéral est pointée du doigt, dans l’étude menée par le professeur Johan Vansintejan et le docteur Glenn Boulanger. 122 questionnaires ont été distribués aux détenus répartis dans 10 prisons belges. Il en ressort que 78,3% des hommes incarcérés plaideraient pour une réelle attention du milieu sur leur santé sexuelle.

La sexualité la plus partagée ? La branlette ! 

La sexualité des détenus se résumerait majoritairement à la masturbation, ils seraient 78,8% à la pratiquer (un chiffre pourtant en dessous de la moyenne nationale qui atteint les 90%).

Un signe qui n’est pas forcément synonyme d’épanouissement sexuel, comme le rapporterait le docteur G. Boulanger, « Les hommes qui se masturbent plus souvent ne sont certainement pas plus satisfaits de leur sexualité en prison. Ce sont ceux avec un partenaire stable qui, dans l’ensemble, sont les plus heureux de leur vie sexuelle. Bénéficier d’une visite sans dérangement joue à cet égard un rôle important. »

Cependant, environ trois quarts des prisonniers les estiment comme bénéfique pour le bien-être en prison.

Les UVF ou Unité de vie familiale : un combat parfois long

Selon l’étude, 45,4% des hommes interrogés recevraient des visites conjugales, principalement aux parloirs.

Des unités de vie familiale verraient aussi leur apparition dans certaines prisons. Mais qu’est-ce qu’un UVF (Unité de Vie Familiale) ? Il s’agit d’un appartement meublé de 2 ou 3 pièces, séparé de la détention. Leur demande de réservation peut paraître laborieuse, mettant en jeu de nombreux documents nécessaires et une étude du dossier de la part du magistrat. Une réponse peut être attendue jusqu’à 2 mois de la part du détenu, pouvant être négative.

Une intimité très difficile d’accès pour ces prisonniers…

L’homosexualité en prison

Le sexe entre prisonniers serait pratiqué par 6,7% d’entre eux, d’après l’étude. Si certains cherchent un contact sexuel avec leurs codétenus, d’autres (plus marginaux) useraient de leurs attributs comme une monnaie d’échange selon l’analyse du médecin Glenn Boulanger : « C’est une manière d’assouvir ses besoins sexuels. Dans certains cas relativement rares, le sexe est également une monnaie d’échange contre de la drogue, de la nourriture ou même une protection ».

L’homosexualité entre détenus sembleraient pourtant encore être une contrainte pour 6% des hommes interrogés, dû aux actes non consentis.

Le professeur Johan Vansintejan et le médecin Glenn Boulanger tireraient par ailleurs cette conclusion : « Avoir un partenaire régulier est le facteur de corrélation le plus important pour que la satisfaction sexuelle soit considérée comme élevée, mais les données qualitatives suggèrent que les obstacles pour les partenaires sont importants. ».

Une question épineuse pour ces détenus pour lesquels la notion de « santé sexuelle » reste flou.
Ce type d’étude est certainement un des premiers piliers pour aborder la problématique sans les tabous.

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