Le quartier rouge d’Amsterdam est menacé de disparition


Clarisse Luiz 12 juillet 2019

Les jours du quartier rouge d’Amsterdam sont-ils comptés ?

Avec plus de 15 millions de visiteurs par an, la ville d’Amsterdam a de plus en plus de mal à faire face aux difficultés du tourisme de masse. La capitale du divertissement Européenne veut se faire une nouvelle image loin de celle du lieu de débauche qui lui colle encore à la peau. Femke Halsema, la première femme élue au poste de maire de la ville, a proposé quelques mesures pour faire revivre le quartier rouge, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Des changements radicaux pour le quartier

Une des mesures phares proposée par la maire est de supprimer purement et simplement les quelques 330 vitrines des rue du quartier rouge. C’est la première fois qu’une telle proposition est faite depuis la légalisation de la prostitution en 2000. La maire veut faire des maisons closes des lieux fermés, à l’abri des regards des passants. Plus extrême encore, elle prône la fermeture des maisons closes du centre-ville pour les relocaliser autour d’Amsterdam. Son but, protéger les droits des prostituées tout en réduisant les nuisances pour les riverains.

La dignité des travailleuses du sexe au centre du projet

Si les mesures de la maire paraissent drastiques, à aucun moment il n’est question d’interdire la prostitution, mais plutôt de mieux la contrôler. Le projet de Femke Halsema vise avant tout à assurer plus de sûreté et de dignité aux travailleurs du sexe. « Puisque nous avons de la prostitution dans notre ville, je veux que les travailleuses du sexe soient respectées et fières de ce qu’elles font », explique-t-elle.

Ce sont surtout les touristes qui sont mis en cause. Selon Foxxy Angel, une prostituée et porte-parole du groupe “PROUD” qui défend les intérêts des travailleurs du sexe, « ils ne savent pas comment se comporter dans le quartier ». Bien qu’il soit totalement interdit de prendre les vitrines en photo, la plupart d’entre eux le font et vont même jusqu’à poster les clichés sur les réseaux sociaux. La ville a déjà commencé à imposer des amendes contre les mauvais comportements dans le quartier mais elles ne suffisent pas.

Femke Halsema dénonce les vitrines du quartier. Pour elle, c’est comme regarder des animaux en cage. Pour remédier à ces « cages » tout en laissant les prostituées faire leur travail, la maire a eu une idée plutôt originale : « On pourrait alors imaginer des applications pour smartphones permettant de regarder les femmes”, indique-t-elle, “mais sans les voir en vitrines afin que les gens arrêtent de se moquer d’elles. »

Qu’en pensent principales intéressées ?

Les réactions des prostituées et des entreprises impliquées dans ce commerce sont mitigées. Alors qu’aujourd’hui, le secteur pèserait plus de 100 millions de dollars par an dans la ville, ces changements ne sont pas au goût de tout le monde. Certaines prostituées craignent que la disparition des vitrines ne fera qu’accentuer les mauvaises surprises et mènera à davantage de crimes et de haine envers elles. “S’ils ferment les vitrines, les travailleurs du sexe iront dans les sous-sols et le gouvernement local aura besoin de bien plus de monde pour contrôler tout ça” ajoute Foxxy Angel.

Pour le moment, rien n’est encore fait. Il ne s’agit que d’une consultation citoyenne à laquelle les résidents et les travailleuses du sexe sont appelés à se prononcer. En fonction des retours, la maire de la ville soumettra les idées retenues au vote en conseil municipal.

(Photo à la une : Getty Images)

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