Phobie envers les LGBT+ : des impacts physiques et psychologiques conséquents !


Sensuelle Estelle 21 août 2019

« Quelle est l’ampleur des LGBTphobies en France ? Qui sont les agresseurs ? Quel est l’impact des LGBTphobies sur la vie des minorités sexuelles ? » : L’étude réalisée par l’Ifop pour la fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et la DILCRAH tenterait d’y répondre.

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Les agressions verbales, physiques, sexuelles, et les menaces ne désemplissent pas envers la communauté LGBT+ (ou de son extension LGBTQIA+), en 2019. , réalisé sur 1 229 personnes (homosexuelles, bisexuelles et transgenres), rapporte un bilan alarmant des LGBTphobies : en France, 55% des LGBT+ ont subi au moins une agression au cours de leur vie.

Le portrait-robot des agresseurs des LGBT+

L’étude de l’Ifop rapporte que « dans la majorité des cas, l’agresseur est un homme (78%), de moins de 30 ans (75%), qui agit en groupe (61%) ».

Les informations données par les victimes atténueraient les accusations envers l’ethnicité : seuls 6% des victimes décriraient leur agresseur comme « maghrébins », et à peine 2% de couleur noire.

Malgré une hausse des violences physiques (coups, gifles, bousculades) passant de 3% en 2018 à 7% en 2019, seulement 27% le signaleraient aux forces de l’ordre, et 20% iraient jusqu’à déposer plainte. Les associations créées pour aider et soutenir les victimes (SOS Homophobie, Urgence Homophobie, etc.) recevraient encore peu d’appels et de témoignages : 19%.

Se cacher pour éviter d’être agressé : un quotidien qui s’installe parmi les LGBT+

« S’afficher » dans des lieux publics représenterait un risque pour la communauté LGBT+ : 25% des interrogés déclarerait s’être fait insulté ou menacé dans la rue, et 16% aurait subi des agressions physiques. La violence latente ressentie dans les établissements scolaires, les transports en commun, comme le lieu de travail, des endroits aussi hostiles que la rue, conduirait les LGBT+ à développer une stratégie de dissimulation.

Deux tiers des LGBT+ éviteraient tout contact physique (se tenir la main, s’embrasser) avec un partenaire du même sexe en public. Ces techniques seraient surtout adoptées chez les récentes victimes d’agression physique, soient entre 78% et 80%, et davantage pour les LGBT faisant partie des minorités ethniques entre 80% et 81%.

La fréquentation de certains quartiers avec un environnement homophobe fortement installé diminuerait chez les LGBT+ : 37% d’entre eux esquiveraient certaines zones/rues. Rentrer seul à son domicile ne constituerait plus une option envisageable pour 33% des LGBT+.

D’autres iraient jusqu’à déménager pour fuir un entourage trop homophobe : 12% d’entre eux. Tandis que 16 % des LGBT souhaiteraient changer de ville, de résidence en raison du climat homophobe qui y règne, sachant que cette proportion serait particulièrement forte dans les banlieues populaires (22 %) et chez les LGBT musulmans (50 %).

Une fragilité notoire de la santé psychologique des LGBT+

Entre violence physique, insultes, injures, discrimination, agressions sexuelles, l’étude révélerait un impact conséquent sur la santé mentale des LGBT+ :

  • 80% exprimeraient un sentiment de désarroi vis-à-vis de leur orientation sexuelle/identité de genre.
  • 60% avoueraient avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, suite à une agression physique, trois fois plus que les LGBT n’ayant jamais été victimes d’agression (18%).
  • 39% des LGBT+ déclarent avoir déjà tenté de se suicider, sachant qu’ils auvaient déjà subi une forme de discrimination.

Une proportion forte des risques de suicide créée « un enjeu de santé publique » d’après le point de vue de François Kraus de l’Ifop. « Les phénomènes d’exclusion, de mépris ou de stigmatisation semblant nuire au bien-être des LGBT au point d’aggraver les causes habituelles des comportements suicidaire déjà élevés dans cette population plus fragile que la moyenne sur le plan psychologique. Plus largement, on note que les personnes transgressant le plus les normes corporelles assignées à leur genre (ex : hommes au style « féminin » selon les stéréotypes de genre) sont systématiquement plus exposés aux risques d’agression ou de discrimination, signe que les mécaniques de l’homophobie sont inséparables des injonctions sociales à se plier aux normes de genre. » ajouterait-il.

La loi contre l’homophobie punit les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Quand le refus discriminatoire est commis dans un lieu accueillant du public ou commis par une personne dépositaire de l’autorité publique, la peine encourue atteint 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

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