Ces pays où la pornographie est interdite


Clarisse Luiz 10 juillet 2019

Mater du porno n’est pas légal partout sur la planète… Dans certains pays, les adeptes du X risquent parfois gros, très gros.

Les lois qui régissent le porno diffèrent grandement d’un pays à l’autre. Si elle est largement acceptée en Occident, la pornographie n’a pas bonne presse dans le reste du monde. 91 pays interdisent purement et simplement le X et ceux qui s’y risquent encourent la rééducation, la prison à vie ou parfois même la peine capitale. 

Les pays qui l’interdisent

Dans les pays majoritairement musulmans, le porno est interdit. Et ce n’est pas seulement la pornographie qui y est interdite, mais tout contenu jugé « immoral » : des images de décolletés, de la nudité partielle, tout comme tous les contenus évoquant l’homosexualité.

La Chine est une spécialiste de la censure anti pornographique où elle a été déclarée illégale en 2002. La possession de matériel pornographique est punissable d’une peine pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison, d’une amende de 20 000 yuans (environ 2 500 euros). Les peines encourues pour la diffusion et la distribution de matériel pornographique sont encore plus lourdes. En 2006, le créateur du plus grand site pornographique chinois avait été condamné à la prison à vie. Comme les lois sont strictes, le seul moyen de visionner de la pornographie reste internet. La Chine pratique alors une large censure sur le web : en 2010, plus de 60 000 sites pornographiques ont été fermés, et les autorités ont arrêté près de 5 000 suspects.

En Inde ce n’est pas que le porno qui est dans le viseur du gouvernement : la loi sur les technologies de l’information de 2000 a indiqué qu’une personne risque jusqu’à 3 ans de prison et une amende de 500 000 roupies (6 500 euros) si elle envoie du contenu vulgaire sur n’importe quelle plateforme de média.

La majorité des pays d’Afrique sont aussi anti-pornographie. Au Soudan du Sud par exemple, le Code pénal promet trois ans de prison à quiconque produirait, diffuserait ou distribuerait des contenus « obscènes », qu’il s’agisse de revues ou de films. En Ouganda, le porno est vu comme le mal incarné : le gouvernement a adopté en 2009 le projet de loi contre la pornographie, qui l’interdit totalement en raison des dangers qu’elle présente pour les individus, les familles et les communautés.

Le paradoxe du porno…

Les pays musulmans conservateurs sur le plan religieux sont célèbres pour avoir réprimé une certaine forme de sexualité. Et paradoxalement, ce sont ces pays où les lois relatives au porno sont les plus strictes qui en consomment le plus. 

Le Pakistan, pays à majorité musulmane où le porno est puni sévèrement est un bon exemple de pays qui, malgré sa morale anti pornographie, a régulièrement dominé les palmarès des recherches illicites. Grâce à Google Trends et Google Insights qui génèrent des données en fonction de termes de recherche courants,  révélait en 2010 les recherches les plus osées des Pakistanais, à tel point qu’il a été rebaptisé le « Pornistan ». Relations sexuelles avec des chevaux, avec des ânes, photos de viol, relations sexuelles avec viols, voire même recherches pédophiles, le Pakistan serait le numéro 1 mondial des recherches de termes pornographiques, devançant de loin tous les autres pays du monde.

Plus étonnant encore, c’est le  à chercher sur Google du porno gay, juste devant le Kenya et l’Ouganda. Dans ces trois pays où la pornographie et l’homosexualité sont criminalisées, ce genre de recherches n’est que plus paradoxal. Le même phénomène peut-être observé dans les États du sud des États-Unis, majoritairement religieux et opposés aux droits des LGBT+, qui sont en tête des recherches de porno gay.

L’impossible censure des sites pornographiques

Le blocage de toute la pornographie sur Internet à l’échelle d’un pays est impossible. Non seulement il peut-être contourné en utilisant des réseaux privés virtuels (VPN) qui permettent de créer un genre de tunnel pour se connecter au Web depuis un pays tiers, mais techniquement et légalement, aucun pays n’est en mesure de bloquer efficacement des centaines de milliers de sites Web.

Il ne faut pas non plus oublier que la frontière entre pornographie, politique, art, et liberté d’expression est parfois mince, rendant la censure totale quasiment impossible.

(Photo à la une : Getty Images)

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