Au Malawi, des jeunes filles sont envoyées dans des « camps d’initiation sexuelle »


Fernand Satan 26 juillet 2017

Dans certaines régions reculées du Sud du Malawi, il existe un rite de passage traditionnel pour les jeunes filles une fois qu’elles atteignent la puberté. Le but ? Les « initier » à la sexualité, le plus souvent en les violant.

Leur apprendre les « bonnes manières »

En début de semaine, a rendu public un rituel méconnu pratiqué au Malawi. Des fillettes sont envoyées loin de chez elles afin de subir une « initiation sexuelle ». Afin de repousser le mauvais sort, la tradition veut que les familles payent un homme pour déflorer les jeunes filles à peine pubères.

Awa Kandaya, une des nombreuses jeunes filles victimes de ces pratiques témoigne : « On part à l’écart du village, dans un bâtiment loin des hommes où nous sommes seules avec les organisatrices du camp. Une fois que les premiers rituels commencent, on comprend qu’on est là pour apprendre à plaire à un homme, comment lui faire plaisir sexuellement. »

Une coutume du Sud du pays qui n’est pas présentée comme un viol, mais plutôt comme un « nettoyage » rituel.

On apprend également aux jeunes filles à simuler des actes sexuels, à exciter les hommes, à faire une fellation à l’aide d’un bout de bois… Un « véritable outil d’asservissement aux hommes«,  souligne le quotidien, à qui la mère d’Awa a déclaré avoir envoyé sa fille là-bas « pour la tradition et pour lui apprendre les bonnes manières »

« Toutes ces filles ont plaisir à m’avoir comme leur hyène »

Les hyènes (aussi appelés les « nettoyeurs sexuels ») ne s’occupent pas que de filles jeunes ou vierges. Ils sont aussi sollicités chez les veuves et les femmes infertiles. Selon la coutume, les relations sexuelles avec une hyène ne doivent jamais être protégées par l’utilisation de préservatifs.

Le journaliste est parti à la rencontre de l’un de ces « travailleurs du sexe » payé 4 à 7 dollars pour chaque « nettoyage ». Eric Aniva est séropositif, et cela ne l’a pas empêché de dépuceler pas moins d’une centaine de femmes et de jeunes filles. Il se gardait simplement d’avertir la famille de sa maladie. “Certaines filles sont seulement âgées de 12 ou 13 ans, mais je les préfère plus âgées. Toutes ces filles ont du plaisir à m’avoir comme leur hyène. Elles sont fières de dire aux autres que je suis un vrai homme, qui sait comment donner du plaisir à une femme”, raconte t-il.

L’ONU estime qu’un malawite sur dix est porteur du virus du Sida. C’est le cas d’Eric.

Peu de temps après la publication de cette interview, Eric Aniva a été arrêté par ordre du président malawien Peter Mutharika. « Les pratiques culturelles et traditionnelles nocives ne peuvent être acceptées dans ce pays. […] Toutes les personnes impliquées dans cette mauvaise pratique doivent être tenues responsables de soumettre leurs enfants et leurs femmes à cet odieux fléau » a déclaré le porte parole du président Mutharika.

La suite du reportage en cinq volets d’Amaury Hauchard est à découvrir sur


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