Katia Even : la BD sans tabou


Clarisse Luiz 7 juillet 2019

Dessinatrice autodidacte et scénariste, Katia Even a publié sa première BD en 2007. Elle se fait surtout connaître avec les histoires humoristiques de Rachel, la petite souris. Mais après plusieurs publications « jeunesse », elle s’oriente vers un tout autre domaine : l’érotisme et le X. Les titres s’enchaînent, les maisons d’éditions lui font confiance, et très vite, Katia Even devient l’un des grands noms de la BD pour adultes, autrice de référence aujourd’hui aussi bien chez Graph Zeppelin que chez Tabou.

cmsforever.ru : Comment êtes-vous devenue auteure de BD érotique ?

Je préfère le terme d’autrice. Comme acteur, actrice, aviateur, aviatrice. Je suis arrivée dans la BD par envie, tout simplement. Le dessin, c’est un rêve que j’avais depuis l’âge de 5 ans. J’ai exploré plusieurs domaines jusqu’à ce que j’écrive La déesse. Je l’ai présentée aux éditions Tabou, qui l’ont tout de suite acceptée. Après la BD plutôt jeunesse, ce fut le grand écart en somme.

cmsforever.ru : Avez-vous eu des « maîtres » en matière de BD érotiques ?

J’ai plutôt des « maîtres » en BD tout court, pas vraiment en érotique. C’est justement parce que je n’aimais pas ce que je lisais en érotique que j’ai voulu écrire quelque chose qui ressemblait davantage aux vrais fantasmes féminins.

cmsforever.ru : Pourquoi avoir choisi l’érotisme comme moyen d’expression ?

Pour une raison toute simple : la liberté. Surtout la liberté d’expression, mais aussi la liberté de choisir sa sexualité.

cmsforever.ru : Que l’on vous catalogue d’autrice, comme vous dites, X, cela ne vous dérange pas ?

Non pas du tout ! Au contraire. Contrairement à d’autres milieux, dans le X, il n’y a pas d’hypocrisie. C’est un style que j’assume et un milieu dans lequel je me sens très bien. Je m’éclate vraiment en faisant de la BD érotique. 

cmsforever.ru : Quelles sont vos sources d’inspirations préférées ?

J’en suis à ma 20e publication. En BD jeunesse et en BD érotique. Les plus connues sont : Rachel la petite souris, Lol Story, Waf et Pyraths pour l’un, La déesse, Inguinis, Le peuple des Brumes, Le plastique c’est fantastique pour l’autre. Et bientôt Le petit derrière de l’Histoire. Quant à mes sources d’inspiration, elles sont multiples. Je suis une grande curieuse. Tout m’intéresse. Sauf la Seconde Guerre mondiale, qui m’a passionnée un moment, et dont je me suis dégoutée.

cmsforever.ru : Aujourd’hui, il existe deux grandes maisons d’éditions de BD érotiques en France : Tabou et Dynamite. Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer votre propre maison d’édition et qu’est-ce qui vous différencie avec elles ?

Les éditions du Chat sont une association. Et non une maison d’édition. Je les ai créées il y a 10 ans, pour sortir Rachel la Petite Souris. Je publie des ouvrages soit personnels que je ne veux pas voir chez des éditeurs, soit d’autres auteurs en qui je crois (Jay Stoner, avec À croquer). Contrairement aux autres éditeurs, j’ai un fonctionnement très bio : directement du producteur au consommateur ! Je tente au maximum de privilégier le contact, et surtout d’éviter les intermédiaires qui plombent soit le prix d’un album soit la marge pour les auteurs. Bref, tout ceci me permet de rémunérer les auteurs à hauteur de 30 %, et non à 8 %.

cmsforever.ru : Vous avez publié un album étonnant, Le plastique, c’est fantastique. Comment vous est venue l’idée d’adapter en BD des chansons légèrement grivoises ? 

Très naturellement. Je connaissais depuis longtemps le groupe nantais Elmer Foot Beat. Un jour, entre copains, on s’est mis à chanter quelques chansons de ce groupe et là, immédiatement, j’ai eu des images de BD qui défilaient dans ma tête. J’ai essayé de contacter les artistes du groupe et eux-mêmes, à ce moment-là, cherchaient un nouveau support pour mettre en avant leurs chansons. Ça tombait pile poil ! Et c’est comme ça que la BD est née. 

cmsforever.ru : Comment se comporte le marché actuel de la BD érotique ?

Je ne vais pas être très objective. Mon éditeur Tabou pourrait vous répondre mieux que moi. Pour moi, disons, que ça va.
Pour lui, en revanche, je ne sais pas vraiment. 

cmsforever.ru : Le sujet de votre dernière BD, Le petit derrière de l’Histoire ?

Comme toujours, j’aime mélanger le sexe et l’humour. Je suis partie de l’adage : « derrière chaque grand homme, il y a une femme. » Et je me suis amusée à imaginer cette femme, depuis le début de l’humanité, soufflant dans le lit, toutes les grandes trouvailles des hommes devenus célèbres. Une femme issue de notre époque mais ayant traversé les âges avec la même frénésie sexuelle.  

(Photo à la une : )

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