Ce que vous ne saviez pas sur Masters et Johnson, les pionniers de la sexologie


Clarisse Luiz 13 mars 2019

Qui sont ces deux pionniers qui ont révolutionné la sexologie dans une Amérique puritaine pas encore très disposée à parler de sexe ?

Masters et Johnsons - cmsforever.ru

« Étudier la sexualité c’est comme étudier l’origine de la vie »

William Masters

La majorité de ce que l’on sait aujourd’hui sur la sexualité, nous le devons au travail de deux docteurs Américains :  le gynécologue William Masters et sa collaboratrice Virginia Johnson, une psychologue.

C’est à partir des années 50, dans une Amérique puritaine où la sexualité était encore un sujet tabou, que les deux docteurs ont travaillé sur la thématique du sexe pour comprendre ce qui se passe dans le corps durant un rapport sexuel. Leur travaux les ont ensuite poussé à ouvrir une clinique pour aider les personnes souffrants de troubles sexuels.

Masters and Johnson - cmsforever.ru

Il existe une série télévisée assez romancée relatant leurs travaux : Masters of SexSi vous n’avez pas eu l’occasion de la regarder, voici 5 choses que vous ne saviez pas sur le duo de Masters et Johnson ! 

  • Un début avec des prostituées

L’étude a commencé avec des prostituées car Masters peinait à trouver des volontaires pour ses recherches. 145 prostituées ont participé avant que Masters n’arrête l’étude face au constat de ses résultats biaisés : les prostituées ne pouvaient pas avoir la même vie sexuelle qu’une femme ordinaire. C’est peu après que lui et Johnson vont se lancer dans l’étude de membres de la communauté.

  • Plus de 10 000 rapports

Au cours de l’étude, Masters et Johnson ont étudié plusieurs centaines de personnes ayant des activités sexuelles solo ou duo. On estime qu’il ont assisté à plus de 10 000 rapports sexuels soit l’équivalent de environ 1 000 heures de pornographie sur Internet. De quoi dissuader quiconque de faire l’amour.

  • L’orgasme féminin, c’est eux ! 

Masters et Johnson ont révélé que les femmes sont capables d’orgasmes multiples mais surtout qu’un homme n’est pas indispensable pour qu’une femme ait un orgasme.

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  • Pionniers dans le domaine de la dysfonction sexuelle et de la thérapie de couples

Le duo décide d’appliquer ses découvertes qu’il relate dans les pages de , pour mettre au point une méthode de thérapies des dysfonctionnements sexuels pour les couples. Entre 1958 et 1969, ils ont traité près de 800 hommes et femmes.

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  • VIH et hétérosexualité

Masters et Johnson insistent sur le risque de transmission hétérosexuelle du VIH. Bien évidement, ils ont raison, car le sida ne se transmet pas seulement lors des rapports homosexuels. C’est une vérité difficile à entendre pour les Américains qui à l’époque appelaient le virus la Gay Related Immune Deficiency, soit « l’immunodéficience liée à l’homosexualité ». Après cette annonce pourtant véridique, c’est le déclin pour le couple dont l’image se ternit.

Peu après en 1988, ils publient une étude sur le nombre de personnes atteint du sida aux États-Unis. Masters et Johnson évaluent que trois millions de citoyens américains sont contaminés par le VIH alors que la même année,  n’avait recensé que 130.000 cas dans le monde entier. Masters et Johnson avaient tout faux et les autorités américaines estimeront plus tard qu’entre 800.000 et 900.000 personnes étaient devenues séropositives entre 1981 et 2000. C’était la chute finale du duo de génies.

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(Photo à la une : Getty Images)

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