Procréation : expliquez-nous scientifiquement comment ça se passe !


Flore Cherry 4 décembre 2019

La méconnaissance du patient est-elle vraiment utile lorsqu’il s’agit de l’aider à procréer ? Faire un enfant est-il un acte mystique qui nécessite du « lâcher-prise » ? On vous dit pourquoi on pense que non !

Au moment de concevoir un enfant, un discours propagé par certains médias publiquement, et par certains gynécologues plus intimement, préconise en premier lieu un retour à la confiance en « mère nature » et à la « non prise de tête ».

La méconnaissance serait avantageuse car elle permettrait le (fameux & indispensable) « lâcher-prise ».

C’est le cas par exemple, du gynécologue Dr. Mimoun dans qui ne donne pas de conseil sur la position, l’intérêt d’avoir un orgasme féminin ou de retenir (ou non) son éjaculation quelques jours avant « suivez tout simplement votre désir, sans tomber dans une politique du chiffre !« .

Ou encore dans où le gynécologue Dr. Jamin préconise (4min30) « Je leur réapprends à avoir une sexualité productive ; avant de faire de la médecine, il faut ranger la courbe de température, casser le thermomètre, perdre le numéro du médecin (…) et je fais faire beaucoup d’économie à la sécurité sociale de cette façon. »

S’il y a bien évidemment un avantage évident à « ne pas se mettre la pression » et à faire l’amour par envie plus que par nécessité, est-ce que ce discours est aujourd’hui suffisant pour procréer ?

Est-ce que l’on gagne vraiment quelque chose à méconnaître la partie « cours de bio » de la reproduction ?

L’infertilité, ce n’est pas que dans la tête !

Il est de plus en plus difficile d’adhérer à la confiance aveugle en mère nature quand tombent les premiers spermogrammes et bilans hormonaux.

Les chiffres liés à la baisse de la qualité de sperme des Occidentaux est alarmante : en 40 ans, la concentration et le nombre de spermatozoïdes a chuté de plus de 50%. Les perturbateurs endocriniens seraient les premiers responsables mais il est difficile encore aujourd’hui de déterminer avec précision les principales causes.

Quant aux femmes, l’endométriose, qui concerne actuellement une femme sur sept, « touche de plus en plus de femmes en âge de procréer » (source : ). Le syndrome des ovaires polykystiques est également une réalité pour 10% de la population féminine. Et ces deux maladies représentent de grosses entraves à la fertilité naturelle.

S’ajoutent à ces deux problématiques biologiques, un contexte culturel qui retarde de plus en plus la mise en route du premier enfant. En France, l’âge moyen du premier enfant est de 28,5 ans, quand il était de 24 ans en 1974 (source : ).

Résultat prévisible ? La PMA dont la FIV devient une réalité pour de plus en plus de couples :

« En 2011, 2,0 % des enfants étaient conçus par FIV, et si la tendance se poursuit, la proportion atteindra 2,5% en 2018, soit 1 enfant sur 40 (plus de 20.000 enfants) » chiffre l’Ined.

Une FIV qui pourrait être évitée si les couples connaissaient clairement le mode opératoire qui augmenterait statistiquement sa possibilité de procréer.

Mais si les gynécologues ne s’accordent pas sur un consensus, c’est peut-être que personne n’a la réponse ?

Infertilité psychologique ou méconnaissance scientifique de la reproduction ?

La procréation humaine reste encore entourée d’un lot de méconnaissance (encore aberrant aujourd’hui ?). Par exemple, si la première échographie du clitoris date de 2008 (sic!) (source : ), on comprend encore mal sa fonction biologique et en particulier, son rôle ou non .

Peu d’études ont été réalisées avant les années 2000 sur l’interaction gamétique (ce qu’il se passe entre l’ovule et les spermatozoïdes) et on a découvert il y a seulement trois ans qu’ déclenche la fécondation (il s’agit de deux battements par seconde. Pas un. Pas trois. Deux.).

Si nous pouvions ici faire passer un message aux professionnels de la santé : les statistiques montrent que « faire confiance en mère nature » va de moins en moins être possible pour procréer.

Il faut d’urgence que les couples, dont la fertilité se réduit petit à petit, puissent bénéficier d’un protocole clair.

Dans quelle position augmente-t-on la possibilité d’avoir un enfant ? Est-ce qu’il doit y avoir un orgasme féminin ? Ou non ? Est-ce que cela aide d’insérer directement le sperme dans le vagin à l’aide d’un spéculum et d’une seringue ? Doit-on rester sur le dos ? Est-ce que l’on doit mettre du lubrifiant ? Est-ce que certains aliments ou plantes favorisent la production de spermatozoïdes ?

Si vous n’avez pas la réponse, n’hésitez pas à interpréter les derniers résultats des recherches, et si vous l’avez, ne laissez pas le patient dans son état de « méconnaissance ».

Ne vous inquiétez pas ! Nous trouverons dans ce cadre comment insérer une sexualité joyeuse et créative et nous trouverons aussi les moyens de s’arranger sur certaines de vos règles.

Mais ça y’est nous sommes adultes.
Expliquez-nous clairement comment on fait les bébés.

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Journaliste, blogueuse et organisatrice d'événements dans le milieu de l'érotisme, je suis une jeune fille cul-rieuse qui parle de sexe sans complexe (et avec une pincée d'humour, pour que ça glisse mieux !)

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