Toutes les femmes ont accès à la PMA !


Sensuelle Estelle 30 septembre 2019

Désormais, les couples hétérosexuels ne seront plus les seuls à accéder à la PMA.

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Ce vendredi 27 septembre, l’Assemblée nationale annonce son vote favorable pour l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assisté) à toutes les femmes.

Un bonne avancée pour la France

La procréation médicalement assistée permet d’avoir un enfant grâce à l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro. Légale depuis 1994, la PMA était réservée aux couples hétérosexuels, en général pour des raisons d’infertilité.

Le président Emmanuel Macron avait assuré une révision de cette loi bioéthique. Elle accueille aujourd’hui une première mesure qui étend la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, après trois jours de débats clôturés par : 55 votes pour, 17 contres et trois abstentions. Cette extension du projet loi bioéthique promet un remboursement de la PMA par la Sécu.

Une inquiétude pour les femmes célibataires

Annie Vidal révèle sa réticence envers l’extension de la PMA aux femmes seules : « cela me gêne de légitimer la création de familles monoparentales, dont les études montrent qu’elles sont plus précaires financièrement, et que l’Etat cautionne cela. » que « près de la moitié des familles monoparentales nombreuses et près de quatre mères sur dix qui ne se sont jamais mariées et qui ont connu une maternité précoce vivent sous le seuil de pauvreté de leurs pays. »

Pourtant, la PMA qui était interdite en France, hormis pour les couples hétérosexuels, obligeait ces femmes qui désiraient avoir un enfant à partir à l’étranger. Mais la PMA à l’étranger implique un coût élevé, comme : « J’ai travaillé à côté de mon boulot pour payer tout ça. C’était 150 euros par insémination, 2 000 euros pour la FIV, sans compter les billets de train vers la Belgique… Au fond, je n’ai jamais vraiment calculé combien ça nous avait coûté, mais ça n’est pas donné. »

La députée de Seine-Maritime évoque un point : « j’ai constaté qu’il y a une discrimination financière car les couples de femmes plus aisés partent à l’étranger faire une PMA, et les enfants nés ainsi ne sont pas bien protégés. Aujourd’hui, sans y être totalement favorable, je pourrais m’y résoudre, ça correspond à l’évolution de la société. »

La place du père remise en question

La droite et l’extrême droite, vivement opposées à cette décision, tracent un parallèle inéluctable entre la « PMA sans père » et la gestation par autrui (GPA). Malgré tout, le gouvernement reste formel sur la loi concernant la GPA : elle demeure un « interdit absolu en France« .

La femme politique Annie Genevard évoque la crainte d' »évincer le père«, un argument appuyé par les propos de Marc LeFur soulignant le risque du « petit garçon roi » construit sans l’ »altérité« .

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a pourtant rappelé lors du débat que « rien n’a jamais démontré que ces enfants-là, entourés de l’amour de leur mère n’ont pas pu grandir« . « L’argument de l’enfant sans père qui est aujourd’hui soulevé en permanence n’a aucun substrat scientifique » insiste-t-elle, un enfant « se construit d’abord dans la sécurité » affective, l’amour et la non-violence.

Malgré cette division, Agnès Buzyn aspire l’adoption définitive du projet de loi avant l’été. Toutes les femmes auraient accès à la PMA « immédiatement dès la loi promulguée« .

La PMA pas encore pour tous

Les hommes transgenres n’ont pas eu le même écho au sujet de l’accès à la PMA : son ouverture a été rejetée 44 voix contre et 27 voix pour, le jeudi 26 septembre.

Jean-Louis Touraine, rapporteur de la loi bioéthique, a pourtant défendu la cause des hommes trans : « Nous devons entendre la souffrance des personnes trans. L’histoire nous donnera raison. Ils n’ont pas de pathologie, ils n’ont pas choisi leur situation. Il est temps de leur donner les mêmes droits que les hétérosexuels et que les homosexuels. »

Un hommes trans qui change la mention de son « sexe » devient une femme à l’état civil. Il était question de savoir le droit à la PMA pouvait leur être accordé.

« Dans la vie civile, seule l’identité indiquée à l’état civil d’une personne est prise en compte » affirme Adrien Taquet, secrétaire d’état après de la ministre de la Santé. « Ainsi, le fait de changer de sexe n’est pas un obstacle en tant que tel, tout dépend du sexe à l’état civil au moment de la demande. La transition est un process long et là où nous en sommes au moment de la demande est un facteur déterminant. » ajoute-t-il.

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