États-Unis : une « grève du sexe » pour défendre le droit à l’avortement


Clarisse Luiz 13 mai 2019

Alors que l’Etat de Géorgie vient d’adopter une loi extrêmement restrictive sur l’avortement, une actrice américaine appelle à la « grève du sexe ».

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Dans les Etats du sud des États-Unis comme l’Ohio, le Mississippi, le Kentucky, l’Alabama et maintenant la Géorgie, le droit à l’IVG est de plus en plus contesté. Les législateurs veulent l’interdire, à de rares exceptions près, sous peine d’encourir de la prison. Ce recul du droit à l’avortement inquiète.

Une énième loi qui scandalise

C’est cette nouvelle loi très restrictive adoptée en Georgie qui a mis le feu aux poudres. Si l’avortement était autorisé jusqu’à la vingtième semaine de grossesse, selon cette nouvelle législation il est désormais interdit dès que les battements du coeur du foetus sont perceptibles. Soit environ 6 semaines de grossesse. Ce qui revient à une quasi-interdiction de l’avortement puisqu’à ce stade, peu de femmes savent déjà qu’elles sont enceintes.

La #SexStrike très critiquée…

C’est l’actrice américaine Alyssa Milano, déjà très engagée dans le mouvement #MeToo depuis octobre 2017 qui a lancé cet appel à la grève du sexe. 

« Nos droits à la procréation sont supprimés. Tant que nous, les femmes, n’aurons pas le droit de disposer de nos corps, nous ne pouvons pas prendre le risque de tomber enceinte. COMME MOI, abstenez-vous de toute relation sexuelle jusqu’à ce que nous retrouvions notre autonomie. J’appelle à une grève du sexe », peut-on lire sur le compte Twitter de l’actrice sous une image représentant un grand X rose avec le hashtag #SexStrike. 

Le sexe, outil de marchandage ?

Selon un article de , la grève du sexe est un ressort très ancien qui remonte à l’Antiquité grecque. À l’époque, toutes les femmes des cités ont été appelées à se refuser aux hommes jusqu’à ce qu’ils arrêtent les combats. Réutilisée au Nigéria en 2003, au Kenya en 2009 et au Togo en 2012, en mars 2014 en Ukraine cette vieille stratégie semble avoir toujours été un succès. En Colombie par exemple, dans une ville meurtrie par les , des femmes ont lancé la « grève des jambes croisées ». Leur objectif ? Montrer aux gangsters que la violence ne les rendait pas sexy pour autant. Si l’initiative parait risible, elle a bel et bien fonctionné puisque le taux de criminalité a chuté.

Pourtant, l’appel de l’actrice n’a pas reçu le même accueil : si certains ont apporté leur soutien,  beaucoup se sont moqués. Des féministes ont reproché à Alyssa Milano son initiative en l’accusant d’avoir une lecture machiste des relations sexuelles.

C’est le cas de Kristi Coulter qui s’estime déjà suffisamment pénalisée par la société patriarcale : « Il faudrait que je me prive de sexe, et que je participe à la fiction selon laquelle il ne s’agit que d’un outil de marchandage pour les femmes ? », s’est-elle indignée.

D’autres l’ont accusé de défendre une idée rétrograde selon laquelle les femmes n’avaient de relations sexuelles que comme une faveur pour les hommes.

« Je déteste l’idée que ne pas avoir de relations sexuelles soit une punition pour les hommes mais pas pour les femmes », a tweeté l’auteure féministe, Jessica Valenti. « J’aime le sexe ! Pourquoi devrais-je m’en priver ? »

Les remarques et les commentaires des réseaux tombent bien à côté du message d’Alissa Milano qui parlait de cette grève du sexe avant tout pour ne pas tomber enceinte.

Hollywood reste mobilisé

Avant de s’exprimer sur les réseaux sociaux, plusieurs personnalités comme Alec Baldwin, Ben Stiller, Mia Farrow, des producteurs indépendants et le syndicat des scénaristes américains avaient menacé de boycotter les tournages en Géorgie si cette loi était adoptée. Sans succès.

Mais Alyssa Milano ne lâche pas : « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que le plus grand nombre de productions possibles quittent cet Etat qui continue à promouvoir une politique oppressive et néfaste, contraire à tout ce que l’industrie du divertissement défend » a-t-elle déclaré à 

(Photo à la une : Getty Images) 

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