Cancer du col de l’utérus, le bilan ?


Sensuelle Estelle 7 octobre 2019

Les diagnostiques et les décès liés au cancer du col de l’utérus persistent. La HAS tend à améliorer la prévention et le dépistage du virus HPV. Des mesures qui ne concerneraient pas les hommes et pourtant…

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Santé Publique France dresse : près de 1200 femmes meurent chaque année et 3000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Des chiffres qui peinent à diminuer depuis 2005, malgré la forte baisse observée depuis le début des années 1990 : 4000 femmes découvraient être atteintes du cancer, responsable d’un taux de mortalité de 3,1 pour 100 000.

« 9 cancers sur 10 pourraient être évités ! »

, la HAS (Haute Autorité de Santé) est formelle : des lésions précancéreuses et des cancers à un stade précoce peuvent être détectés grâce au dépistage par frottis cervico-utérin. Ce qui réduit considérablement les risques de développer un cancer. Pourtant, seulement 60% des femmes de 25 à 65 ans y auraient recours. Bien que les recommandations stipulent de l’effectuer tous les trois ans.

Ce principe rencontre tout de même une limite : il ne décèle pas la présence des papillomavirus. Et ce sont ces coupables, qui conduisent à l’apparition du cancer en cas d’infection persistante, dans 99,7% des cas, .

« Or, il existe aujourd’hui une méthode de dépistage plus fiable et plus efficace, reconnue par la communauté scientifique : le test HPV » informe . Réalisée sur 19 000 femmes canadiennes âgées de 25 à 65 ans,  le démontre : 2,3 lésions ont été dépistées pour 1000 patientes par frottis, tandis que ce sont 5,5 lésions pour 1000 qui ont été détectées avec le test HPV. Il possède également l’avantage de se faire par auto-prélèvement.

Dans leurs nouvelles recommandations, les autorités sanitaires préconisent ce dépistage pour les femmes de plus 30 ans.

Une faible couverture vaccinale

« En 2018, la couverture vaccinale des adolescentes, ciblées par la vaccination contre le HPV, reste inférieure à 30% » avance Santé Publique France. Si l’usage du vaccin contre les papillomavirus est insuffisant, il relève d’un manque cruel de prévention. « Parmi la population interrogée (jeunes femmes de 15 à 25 ans et parents de filles de 11 à 19 ans), 15% n’avait jamais entendu parler du vaccin HPV » peut-on lire sur le site.

Il reste la meilleur solution pour prévenir les lésions précancéreuses et/ou cancéreuses du col de l’utérus : elles auraient été réduites à 75% chez des jeunes suédoises vaccinées avant 17 ans, .

« La vaccination est recommandée pour toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans. » informe . Les recommandations restent fermes sur le dépistage : « La vaccination contre les infections à papillomavirus ne se substitue pas au dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus par le frottis cervico-utérin, y compris chez les femmes vaccinées, mais vient renforcer les mesures de prévention. »

Le virus, qui se transmet durant les rapports sexuels, implique un usage vivement préconisé des préservatifs. Bien sûr, si des tests de dépistages ne sont pas réalisés au préalable.

Les hommes, les grands « oubliés » de la vaccination ?

Les femmes ne sont pas les seules concernées par la prévention du vaccin contre le HPV : « la vaccination HPV est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans » pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), précise solidarite-sante.gouv.fr.

Pourquoi ? Tout simplement, car « le papillomavirus est (aussi) responsable de cancers de l’anus et de la gorge », explique papillomavirus.fr, « par lesquels tout le monde peut être touché« . Ce point éclairci met en lumière une l’inégalité dans cette prévention :  aucune recommandation ne vise les hommes hétérosexuels.

(Haut Conseil de la Santé Publique), des arguments viennent appuyer cette décision :

  • Globalement, les données rapportent une prévalence des HPV plus faible chez les hommes que chez les femmes. qu’il « a paru plus intéressant de faire vacciner les femmes […] parce que les cancers dus aux HPV qui sont les plus graves apparaissent chez les femmes.«
  • D’un point de vue médico-économique, « l’extension de la vaccination aux garçons ne serait pas coût-efficace« . « Une couverture vaccinale élevée chez les femmes procure une protection indirecte chez les hommes hétérosexuels« . Et les HSH ne « bénéficieraient » pas de cette protection.

Une tournure jugée « sexiste » et « homophobe » par certaines féministes…. (Marie-Hélène Lahaye, Esther de Madmoizelle)

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